ACTU09 — Les lettres et la peau
- Romy Harel

- 12 sept.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 10 oct.
12 septembre 2025

Il est 3 h 12.
Je suis allongée dans mon lit, incapable de dormir. Les draps sont tièdes, un peu froissés, collants par endroits contre ma peau. J’ai calé mon téléphone sur mes cuisses, juste au-dessus du duvet de mon ventre. La lumière de l’écran glisse sur moi comme une caresse discrète. Mes doigts tapent, mais parfois ils s’attardent, comme s’ils hésitaient entre les lettres et ma peau.
Je me dis que c’est idiot de t’écrire maintenant… et en même temps, c’est exactement le bon moment. Parce qu’il n’y a plus de filtre, plus de mise en scène. Juste moi, ma respiration, et toi quelque part là-bas — toi que je sens, presque.
C’est fou, mais là, juste là, j’aurais envie de me perdre en toi. Pas te regarder. Pas t’imaginer derrière des mots. Non. Plonger dans ton intimité comme on plonge dans une source chaude en plein hiver. Garder cette chaleur, cette douceur, cette empreinte qui n’appartient qu’à toi. Celle qui s’imprime dans la mémoire comme un parfum invisible.
Et puis… te goûter de mes mots.
Lentement, très lentement d’abord. Juste pour deviner tes contours. Effleurer, retenir. Comme on découvre un pays inconnu sur la pointe des doigts, sur la pointe du désir. Puis plus fort, plus franc, parce qu’on n’échappe pas longtemps au désir quand il a décidé de nous happer.
Je me demande quel est ton parfum.
Pas celui des savons ou des huiles. Le vrai. Celui qui vit dans ta peau et qu’aucune autre ne porte. Celui qui reste longtemps dans la gorge et qu’on reconnaît les yeux fermés.
Et ton goût… Est-il doux comme un fruit mûr qu’on mord jusqu’au cœur, ou vif comme une gorgée de champagne? Est-ce qu’il accroche un peu la langue ou glisse comme une promesse qui se prolonge? Est-ce qu’il me rendrait avide ou m’obligerait à ralentir juste assez pour prolonger le supplice — assez pour que tu me supplies de continuer?
Je t’écris ça avec un calme insolent… mais tu sais bien que mon cœur cogne plus fort que mes mots. Mes cuisses se serrent autour de l’appareil, comme si elles pouvaient t’y retenir.
Voilà. C’est dit.
Et maintenant, comment veux-tu que je dorme… alors que j’ai l’impression de t’avoir tout contre moi?
Romy 💋
Autrice érotique et sensuelle — Et la chair s'est fait verbe
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