top of page

3 — À fleur de lèvres

  • Photo du rédacteur: Romy Harel
    Romy Harel
  • 24 oct.
  • 4 min de lecture
Deux femmes s’apprêtent à s’embrasser dans une salle de cinéma sombre, leurs visages très proches, baignés d’une lumière douce et sensuelle
Pendant que les amants s’embrassent à l’écran, Grâce et Angelica y projettent en silence le goût de leur prochain baiser.

Une semaine plus tard, Grâce invite Angelica au cinéma.


Les deux femmes se retrouvent dans un petit bistrot près du centre-ville, où le parfum du café fraîchement moulu se mêle aux conversations mêlées d’éclats de rires. Grâce, vêtue d’un chemisier à fleurs et d’un jean taille haute qui épouse ses formes voluptueuses, arrive la première. Elle choisit une table près de la baie vitrée. Le soleil déclinant inonde l’endroit d'une lumière fauve qui enflamme ses cheveux roux et son visage s’empourpre lorsqu'elle aperçoit Angelica.


Visiblement tendue, l'ancienne mannequin se détend aussitôt qu'elle voit Grâce. Elle lui sourit et se glisse entre les tables jusqu'à son amie. «J'avais peur de m'être trompée d'adresse», dit-elle comme pour justifier sa nervosité. «Je voulais m'excuser pour l'autre jour. Je ne sais pas ce qui m'a pris. Ce n'est pas mon genre de...»


Grâce l'interrompt aussitôt:


«Il n'y a rien à dire, Angelica. Tout est parfait, toujours», la rassure-t-elle. «Je suis déjà passée par là», ajoute-t-elle avec un sourire complice. «Tu préfères qu'on parle de mon site Web?»


Toutes les deux se mettent à rire. La glace est brisée.


La conversation se déroule naturellement, glissant entre anecdotes légères et réflexions plus profondes. Angelica, passionnée, évoque son dernier projet de conception. Sa voix douce et mesurée résonne comme une musique apaisante aux oreilles de Grâce. Celle-ci, captivée, raconte à son tour des souvenirs de séances photo insolites, ses mains gesticulant avec enthousiasme. Les silences qui s'installent entre elles ajoutent une profondeur intime à leur échange, comme si chaque instant partagé était précieux, une promesse d’intimité naissante.


Après avoir réglé l’addition, Grâce, se penche légèrement vers Angelica. Son regard s’intensifie. «Tu es prête pour le film?», demande-t-elle, une lueur presque malicieuse dans les yeux.


Angelica acquiesce, un sourire subtil étire ses lèvres aux courbes parfaites. Spontanément, sans dire un mot, elles se lèvent et se faufilent vers la sortie du bistrot, bras dessus bras dessous, leurs corps se frôlant à chaque mouvement, comme si elles se cherchaient, savourant la sensualité de cette proximité.


Sous la lumière tamisée du crépuscule, leurs pas résonnent sur le trottoir alors qu'elles marchent en silence vers le cinéma, leurs ombres dansant sur les murs environnants. La brise légère fait ondoyer leurs chevelures et les mèches blondes et rousses s'emmêlent. Les deux femmes sont amusées de ce jeu créé par le vent qui semble vouloir révéler au monde le lien naissant qui les unit.


C’est dans l'obscurité feutrée de la salle de cinéma que Grâce, son cœur battant plus fort qu’elle ne l’aurait cru, glisse ses doigts entre ceux d'Angelica. La fermeté de son emprise fait frissonner l'autre. Elle l'entraîne vers les sièges tout au fond de la salle.

«Ici nous serons mieux.»


Le baiser du cinéma: Grâce et Angelica, portées par le silence feutré d’une salle obscure, s’offrent un moment d’audace tendre et troublante.

Une fois installées, leurs regards se croisent en un échange silencieux mais profondément chargé d’émotion. Angelica tourne légèrement la tête vers elle, ses yeux scintillent d’une tendresse qu’elle n’a pas l’habitude de dévoiler. Le monde autour semble se dissoudre dans l’intensité de cet instant partagé.


Grâce se penche et dépose un baiser léger sur la joue d’Angelica. Le contact de ses lèvres est doux, presque furtif, mais d'une telle tendresse qu'Angelica en a presque le souffle coupé. Elle reste là un instant, comme si elle attendait une réaction, et pose ensuite sa tête sur l'épaule de sa compagne. Elle murmure à voix basse: «Je suis bien avec toi, tu sais. Avec toi, je me sens écoutée, appréciée… pas juste comme une machine à produire des images. Tu me vois comme une femme. Ça me fait du bien.»


Angelica, heureuse de cette confidence inattendue, lui répond dans un souffle: «Moi aussi, je suis bien avec toi, Grâce. Tu as cette façon de me faire sentir importante, d’être vraiment là avec moi.»


Grâce lui sourit, mais quelque chose brûle plus fort sous la surface. Elle penche légèrement la tête, s’approche. Leurs souffles se frôlent à peine. Puis leurs bouches se cherchent, se trouvent, et le baiser naît — d’abord timide, comme un frisson, puis plus appuyé, plus profond. Les lèvres de Grâce s’ouvrent avec une lenteur affamée, capturant celles d’Angelica dans un va-et-vient sensuel et désarmant.


Angelica se laisse emporter, happée par cette bouche douce et décidée, ce rythme qui s’intensifie et fait battre son cœur trop fort. Elle gémit à peine, surprise par la fièvre qui monte, par le feu qui coule de leurs lèvres jusqu’à sa poitrine. La langue de Grâce effleure la sienne, implorante, joueuse, insatiable. Leurs bouches s’accrochent, se dévorent, se reconnaissent.


Le cinéma autour d’elles s’efface. Il n’y a plus que cette chaleur, ce vertige, ce baiser à fleur de peau, à fleur de lèvres, à fleur de tout ce qu’elles n’osent pas encore se dire.


Le film se poursuit, mais elles n'arrivent pas à suivre, perdues dans leur propre scénario fait de regards émus, de phrases à peine murmurées et d'effleurements délicieux. Lorsque les lumières se rallument et que la salle se vide, Grâce, à contrecœur, s’éloigne de l’épaule d’Angelica. Un léger vide s’installe, avant qu’elle ne brise le silence avec une proposition douce, presque timide: «La soirée pourrait continuer... Si ça te dit, tu pourrais venir dormir à la villa. [...]



Pour y accéder, tu dois être connectée à Patreon. Tu peux créer un compte membre: c'est gratuit.  



© Éditions web RH 2025. Tous droits réservés pour tous pays.

 
 
 

Commentaires


bottom of page